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Création de site internet pour artisan : prix, pages et à qui la confier 

Par Nicolas Favier · Publié le

La création d’un site internet d’artisan revient souvent sur la liste des choses à faire, sans jamais passer en tête. Le bouche-à-oreille remplit l’agenda, les chantiers s’enchaînent, et le site attendra l’hiver.

Pourtant, la personne à qui un client vous a recommandé tape souvent votre nom dans Google avant de vous appeler. Ce qu’elle y trouve décide si elle compose votre numéro. Cet article vous aide à choisir les pages à mettre en ligne, la personne qui fera le site, le budget à prévoir et le contrat à refuser.

Création de site internet pour artisan : en bref

La création d’un site internet pour artisan tient en 5 sortes de pages : accueil, prestations, réalisations, présentation et demande de devis. Vous pouvez le faire vous-même avec un outil en ligne, ou le confier à un freelance ou une agence. Gardez le nom de domaine (l’adresse du site) à votre nom et publiez les mentions légales.

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À quoi sert le site internet d’un artisan ?

Le site sert d’abord de preuve. Un prospect qui a eu votre nom par un voisin veut voir vos chantiers, savoir si vous intervenez chez lui et trouver comment vous joindre. Sans site, ce prospect juge votre entreprise sur ce que d’autres publient à votre place : un annuaire, une plateforme, quelques avis.

Sur le site, un formulaire reçoit les demandes de devis même le soir et le week-end. Bien conçu, il vous évite un aller-retour au téléphone : le prospect a déjà précisé la prestation, l’adresse du chantier et ses disponibilités.

Mais un site seul attire peu de visiteurs les premiers mois. Sur une recherche comme « menuisier Toulouse », Google montre d’abord une carte. Le prospect vous trouve sur la carte grâce à votre fiche d’établissement Google, puis il ouvre votre site pour décider s’il vous appelle.

Parcours d'un prospect recommandé à un artisan : recherche Google, fiche d'établissement, site internet, puis appel ou demande de devis

Voici ce que fait chacun des 3 supports qu’un artisan utilise en ligne :

Support Ce qu’il apporte Ce qu’il ne fait pas
Fiche d’établissement Google
  • Apparaît sur la carte et dans les recherches locales
  • Affiche vos avis et votre numéro
Moins de place qu’un site pour détailler vos prestations et vos chantiers
Plateforme de mise en relation (site qui transmet des demandes de devis de particuliers à des artisans) Des demandes de devis sans rien construire
  • La même demande de devis peut être transmise à plusieurs artisans
  • Vous dépendez des règles et des tarifs de la plateforme
Site internet
  • Vos réalisations, vos prestations, votre zone
  • Des demandes de devis qui vous arrivent directement, sans intermédiaire
Attire peu de visites tant que la fiche ne renvoie pas vers lui ou que Google ne l’affiche pas sur les recherches de votre métier

Google affiche aussi de plus en plus de réponses rédigées par son intelligence artificielle (IA) au-dessus des liens : le prospect peut y lire une réponse sans ouvrir aucun site. Pour savoir comment ces réponses choisissent les sites qu’elles citent, lisez l’article sur le mode IA de Google.

Quelles pages mettre sur un site d’artisan ?

Un site d’artisan n’a pas besoin de 30 pages. Il en faut assez pour répondre aux questions qu’un prospect se pose avant de demander un devis :

  • Faites-vous le type de travaux dont j’ai besoin ?
  • Intervenez-vous chez moi ?
  • Avez-vous déjà fait des chantiers comme le mien ?
  • Puis-je vous faire confiance ?
  • Comment vous demander un devis ?
Les 5 pages d'un site d'artisan (accueil, prestations, réalisations, présentation, demande de devis) et la question du prospect à laquelle chacune répond

Une page d’accueil qui dit ce que vous faites et où

En haut de l’accueil, une phrase dit votre métier et votre zone d’intervention, avec le numéro de téléphone et un bouton vers la demande de devis. Si vous assurez des dépannages en urgence, écrivez-le à cet endroit. Le reste de la page renvoie vers les prestations et les réalisations.

Une page par prestation

Chaque prestation mérite sa propre page, parce que le prospect tape ce qu’il veut faire faire, comme « pose de fenêtres », et Google lui montre la page qui y répond le mieux. La page décrit ce qui est compris, le déroulement d’un chantier, les délais habituels et les communes couvertes. Pour écrire ces textes afin que Google les affiche et qu’ils donnent envie d’appeler, suivez la méthode de l’article sur le copywriting SEO, l’écriture pour les moteurs de recherche.

Une page de réalisations

Les photos de vos chantiers rassurent plus qu’un long texte. Pour chaque réalisation, indiquez le type de travaux, la commune et la difficulté du chantier. Demandez l’accord du client avant de publier une photo de sa maison. Faites de même pour vos salariés s’ils apparaissent sur les images.

Une page de présentation

Le prospect veut savoir à qui il ouvre sa porte : votre parcours, vos qualifications, vos assurances, l’équipe. Pour écrire cette page en partant de ce que le client veut savoir, appuyez-vous sur l’article consacré à cette page, souvent appelée page à propos.

Une page de contact et de demande de devis

Le formulaire demande ce dont vous avez besoin pour rappeler le prospect avec une réponse utile : la prestation (dans une liste déroulante), l’adresse du chantier, une description courte, des photos si possible, et un créneau pour être rappelé. Ajoutez le téléphone et l’adresse de l’entreprise, identiques à ceux de la fiche Google.

Prenons une entreprise qui pose des fenêtres et des portes d’entrée. Son site d’artisan compte 9 pages :

  1. Accueil : « Pose de fenêtres et portes d’entrée dans un rayon de 30 km autour de l’atelier », téléphone, bouton « Demander un devis ».
  2. Prestation : remplacement de fenêtres.
  3. Prestation : pose de portes d’entrée.
  4. Prestation : volets roulants.
  5. Réalisations : 12 chantiers avec photos, commune et type de travaux.
  6. Présentation : l’histoire de l’entreprise, l’équipe, les assurances.
  7. Demande de devis : formulaire et téléphone.
  8. Mentions légales.
  9. Politique de confidentialité, pour les données du formulaire.

Les mentions obligatoires sur le site internet d’un artisan

Un site d’entreprise doit afficher des mentions légales. Le ministère de l’Économie les liste sur sa page consacrée aux mentions sur votre site internet :

  • Votre identité : nom et prénom pour un entrepreneur individuel ; dénomination, forme juridique et capital pour une société.
  • Vos coordonnées : adresse, e-mail et téléphone.
  • Votre numéro d’immatriculation au registre national des entreprises, et celui de TVA intracommunautaire si vous en avez un.
  • L’hébergeur du site, la société qui stocke le site sur internet : nom, adresse et téléphone, même si l’hébergement est gratuit.
  • Votre titre professionnel, si vous exercez une profession réglementée, avec un ordre ou une appellation protégée (architecte, par exemple) : le pays qui l’a délivré, l’ordre ou l’organisme auquel vous êtes inscrit et les règles professionnelles applicables.

L’absence de mentions légales peut coûter à un entrepreneur individuel 75 000 € d’amende et 1 an d’emprisonnement au plus, d’après la même page. Pour une société, l’amende peut atteindre 375 000 €.

Si vous travaillez pour des particuliers, ajoutez le nom et les coordonnées de votre médiateur de la consommation, avec l’adresse de son site. Le médiateur est l’organisme auquel vous adhérez pour régler à l’amiable les litiges avec vos clients particuliers. Le ministère le demande sur sa page des obligations du professionnel envers la médiation.

Le formulaire de devis collecte des données personnelles. Une page de confidentialité indique qui les reçoit, dans quel but, combien de temps vous les gardez et comment en obtenir la suppression. Si le site dépose des cookies (de petits fichiers qui suivent la navigation, par exemple pour la publicité), un bandeau informe le visiteur de leur usage et lui demande son accord avant de les activer. Demandez à votre prestataire si votre site en utilise.

Faire son site soi-même, un freelance, une agence ou un abonnement ?

Le choix dépend du temps que vous pouvez y passer et de ce que vous voulez garder le jour où vous changez de prestataire. Les 4 façons de faire, comparées :

Façon de faire Ce que vous payez Votre temps Ce qui vous appartient Pour qui
Vous-même, avec un outil de création de site en ligne (un service sur abonnement où vous montez vos pages sans programmer) Un abonnement mensuel ou annuel Plusieurs journées pour les textes, les photos et les réglages
  • Vos textes et vos photos
  • Le site reste chez la société qui fournit l’outil : la plupart ne permettent pas de l’emporter ailleurs
Une entreprise avec quelqu’un d’à l’aise sur un ordinateur et quelques soirées libres
Un freelance
  • Un prix de création
  • Puis chaque année l’hébergement (l’espace où le site est stocké) et la maintenance (mises à jour, sécurité, petites corrections)
Quelques heures pour fournir textes, photos et validations Le site, si le devis le précise Une entreprise qui veut un site qu’elle pourra modifier elle-même et confier plus tard à un autre prestataire
Une agence Un prix de création plus élevé, souvent avec rédaction et photos Quelques réunions et validations Le site, si le contrat le précise Une entreprise avec plusieurs métiers ou zones à présenter
Un abonnement tout compris (éditeur de votre logiciel de devis, prestataire spécialisé) Un forfait mensuel, avec ou sans frais de départ Peu de temps : le prestataire construit les pages à partir de vos réponses à un questionnaire
  • Rarement le site
  • Vérifiez que le nom de domaine est à votre nom
Une entreprise qui veut un site vite, et qui accepte d’en dépendre

Un site fait sur un outil de création en ligne se déménage rarement : le jour où vous changez d’outil ou confiez le site à un prestataire, il faut souvent le refaire. Comptez ce prix de refonte dans votre comparaison, en plus de l’abonnement. Si votre site actuel est fait sur un tel outil et que vous voulez en changer, l’article sur la refonte de site internet (refaire un site existant) explique comment procéder sans perdre votre place dans Google.

Combien coûte la création d’un site internet d’artisan ?

Comparez le prix d’un site internet d’artisan poste par poste, sur 2 ans : vous payez la création une fois, l’hébergement et la maintenance chaque année.

Reprenons l’entreprise qui pose des fenêtres. Elle compare 2 options pour ses 9 pages : faire le site en interne sur un outil en ligne, ou le confier à un freelance.

Poste Outil en ligne, fait en interne : 1re année Outil en ligne : années suivantes Freelance : 1re année Freelance : années suivantes
Création du site 0 € 0 € 2 400 € 0 €
Abonnement ou hébergement et maintenance 240 € 240 € 480 € 480 €
Nom de domaine 0 € (offert la 1re année) 15 € 15 € 15 €
Photos de chantiers 0 € (prises au téléphone) 0 € 400 € (une demi-journée de photographe) 0 €
Temps du gérant 25 heures 5 heures 6 heures 2 heures
Total en euros 240 € 255 € 3 295 € 495 €

L’écart entre les 2 options tient surtout à l’année de création : 240 € et 3 295 € la première, puis 255 € et 495 € les années suivantes. Cumulé sur 2 ans : 3 790 € pour le freelance, et 495 € (240 € + 255 €) pour l’outil en ligne. Les 25 heures du gérant ont aussi un prix : il ne les passe pas sur les chantiers ni à chiffrer des travaux.

Coût sur 2 ans d'un site d'artisan de 9 pages : 240 € puis 255 € avec un outil en ligne, 3 295 € puis 495 € avec un freelance

Ces montants sont ceux de l’exemple. Pour comparer les propositions que vous recevez, envoyez à chaque prestataire la même liste de pages, puis vérifiez 3 lignes souvent oubliées : la rédaction des textes, les photos, et le prix de la maintenance après la première année.

Les contrats de site internet à ne pas signer

Certains vendeurs proposent un site « sans rien payer au départ », signé lors d’un seul rendez-vous à l’atelier. Derrière, il y a souvent une location financière : une société de financement achète le site et vous le loue pendant plusieurs années. Vous payez les loyers jusqu’au bout, même si le prestataire ne remplit pas ses obligations.

Fonctionnement d'un site en location financière : signature sans paiement, achat du site par une société de financement, location sur plusieurs années, loyers dus jusqu'au bout

Le ministère de l’Économie a décrit ce problème dans sa réponse à une question écrite au Sénat en 2019. Une entreprise de 5 salariés ou moins peut se rétracter dans les 14 jours d’un contrat de ce type, si 2 autres conditions sont réunies (article L221-3 du code de la consommation) :

  • Le contrat a été signé ailleurs que dans les locaux du vendeur, par exemple dans votre atelier ou sur un de vos chantiers.
  • Son objet sort de votre activité principale, comme un site internet pour une société de plomberie. Sur ce point, les juges tranchent au cas par cas.

Le vendeur doit joindre au contrat un formulaire de rétractation. Il n’a pas le droit d’encaisser le moindre paiement pendant les 7 premiers jours après la signature. Au-delà de 5 salariés, aucune de ces protections ne s’applique : seule une relecture avant de signer vous protège.

Avant de signer, posez 4 questions :

  • À quel nom sera enregistré le nom de domaine ? Il doit être au nom de votre entreprise.
  • À qui appartiendra le site à la fin du contrat, et pourrai-je l’emporter chez un autre prestataire ?
  • Quelle est la durée d’engagement, et que coûte un arrêt avant la fin ?
  • Qui me facture : vous, ou une société de financement ?

D’autres pratiques à surveiller sont décrites dans l’article sur les pièges des vendeurs de sites internet.

Comment savoir si votre site vous amène des clients ?

Pour juger votre site, comptez les demandes de devis qu’il vous apporte et ce qu’elles deviennent. Un tableau suffit :

  1. Demandez à chaque personne qui vous appelle comment elle vous a trouvé.
  2. Notez chaque demande de devis dans un tableau, avec son origine : recommandation, fiche Google, site, plateforme.
  3. Notez à côté si le devis a été signé.
  4. Comptez sur 3 mois combien de devis signés viennent du site.

Si le site amène des visites mais peu de demandes de devis, relisez les pages de prestation avec les 5 questions du prospect en tête (métier, zone, chantiers, confiance, contact). S’il n’amène presque pas de visites (l’outil de création ou votre prestataire vous donne ce chiffre), commencez par l’article pour optimiser le référencement de votre site. Pour noter l’origine de chaque demande de devis, partez du tableau de l’article sur le suivi des devis en attente.

Questions fréquentes sur le site internet d’un artisan

Un artisan est-il obligé d’avoir un site internet ?

Non, un artisan n’est pas obligé d’avoir un site internet. En revanche, dès qu’il en publie un, il doit y afficher les mentions légales, et les coordonnées de son médiateur de la consommation s’il travaille pour des particuliers.

Une fiche d’établissement Google suffit-elle à un artisan ?

Une fiche d’établissement Google suffit à se faire trouver et appeler pour un dépannage rapide. Elle laisse moins de place qu’un site à vos prestations et vos chantiers : pour des travaux plus importants, que le prospect compare avant de choisir, un site complète la fiche.

Peut-on résilier un contrat de location de site internet ?

Un contrat de location de site internet se résilie difficilement avant son terme : vous payez en général les loyers jusqu’au bout. Dans les 14 premiers jours, vous pouvez vous rétracter si votre entreprise a 5 salariés ou moins, que le contrat a été signé ailleurs que chez le vendeur et qu’il porte sur autre chose que votre métier. Passé ce délai, faites lire le contrat par un juriste ou un avocat.

À qui doit appartenir le nom de domaine du site ?

Le nom de domaine doit être enregistré au nom de votre entreprise, avec vos identifiants. S’il est au nom de l’agence ou du freelance, vous perdez l’adresse de votre site le jour où vous changez de prestataire, et avec elle votre place dans Google.


Avant de choisir comment créer votre site internet d’artisan, vérifiez 3 points : à quel nom sera le nom de domaine, ce que coûte le site la deuxième année, et qui écrira le texte de chaque page de prestation.

Un site d’artisan utile reste à votre nom, et il travaille avec votre fiche d’établissement Google pour transformer une recherche en appel. Pour remplir cette fiche, suivez l’article créer et optimiser votre présence sur Google Maps.

Un site bien fait peut transformer en appels les recommandations que vous recevez déjà. Dans l’exemple, faire le site en interne coûte 240 € la première année et 25 heures du gérant. Le confier à un freelance revient à 3 295 €, et 6 heures du gérant.

Avant de payer la création d’un site, une question se pose : est-ce en amont du premier appel, chez les personnes qui vous cherchent en ligne après une recommandation, que votre entreprise perd le plus de clients aujourd’hui ?

La réponse demande de regarder le parcours entier, du moment où un prospect cherche votre entreprise en ligne jusqu’au client qui vous rappelle pour un autre chantier. Je propose pour cela un diagnostic, mené avec vous : je commence par ce que vos prospects voient de votre entreprise avant de vous connaître, puis nous comparons ce constat à vos devis et à vos ventes. À la fin, vous savez quoi traiter en premier, puis en deuxième.

Voir comment se passe le diagnostic

À bientôt,

Nicolas Favier

Pour aller plus loin

Où votre parcours client perd-il des ventes ?

Un test de quelques minutes pour voir où vous pouvez récupérer du chiffre d'affaires.

Faire le test →
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