Un accompagnement marketing digital, c’est l’aide d’un professionnel extérieur pour décider quoi faire sur internet pour vendre plus, et parfois pour le faire avec vous. Le mot recouvre des prestations très différentes : une demi-journée de conseil, une formation, un suivi mensuel pendant 6 mois ou une agence qui prend tout en main. Avant de comparer des prestataires, il faut savoir quelle forme d’accompagnement correspond à votre situation, parce que les prix et les résultats n’ont rien à voir d’une forme à l’autre.
Vous trouverez ici les 4 formes d’accompagnement qui existent, ce qu’elles coûtent, ce que valent les offres des CCI, par où commence un bon accompagnement, ce que doit contenir une proposition sérieuse (avec un exemple rempli) et les signaux qui doivent vous faire hésiter avant de signer.
Qu’est-ce qu’un accompagnement marketing digital ?
Un accompagnement marketing digital est une prestation dans laquelle un consultant, un coach ou une agence aide une entreprise à choisir et à mener ses actions sur internet : site, référencement, publicité, réseaux sociaux, emails. Selon la formule, il conseille, forme, guide pendant que vous faites, ou exécute à votre place.
La plupart des pages qui se classent sur cette requête sont écrites par des agences qui vendent leur propre accompagnement. Elles décrivent leur méthode, rarement les autres formules, et presque jamais les prix. Le bon accompagnement dépend surtout de 2 choses : le temps dont vous disposez pour faire vous-même, et le fait de savoir ou non où se situe votre problème.
Les 4 formes d’accompagnement, et qui fait le travail
Ce qui distingue vraiment les formules, c’est la personne qui réalise les actions au quotidien. Le tableau ci-dessous résume les différences, chaque forme est détaillée juste après.
| Forme | Qui fait le travail | Durée habituelle | Ce que vous obtenez |
|---|---|---|---|
| Conseil ponctuel | Vous, après la séance | Une demi-journée à quelques jours |
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| Formation | Vous ou un salarié formé | De 1 à quelques jours |
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| Coaching ou suivi régulier | Vous, guidé par le consultant | De 3 à 12 mois, 1 à 2 rendez-vous par mois |
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| Délégation | L’agence, le freelance ou le directeur marketing à temps partagé | Plusieurs mois, souvent avec engagement |
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Le conseil ponctuel
Un consultant regarde votre situation pendant une demi-journée ou quelques jours, puis vous remet un plan d’actions. C’est la formule la moins chère et la plus rapide. Sa limite est évidente : le plan ne vaut que ce que vous en faites ensuite, et personne ne vérifie qu’il est appliqué. Elle convient bien à un dirigeant qui a du temps pour exécuter mais qui hésite sur l’ordre des priorités.
La formation
Vous ou un salarié apprenez à faire : gérer une fiche Google, lancer une campagne publicitaire, écrire une newsletter. La compétence reste dans l’entreprise, ce qui est un vrai avantage sur la durée. En revanche, une formation collective enseigne une méthode générale. Elle ne vous dira pas si la publicité est la bonne action pour vous en ce moment, seulement comment la faire correctement.
Le coaching ou suivi régulier
Le consultant vous retrouve chaque mois, vous faites entre les rendez-vous, et il corrige le tir. C’est souvent ce que les prestataires appellent « accompagnement » au sens strict. C’est la formule qui apprend le plus à l’entreprise, à condition d’avoir quelques heures par semaine à y consacrer. Sans ce temps, chaque rendez-vous commence par « on n’a pas eu le temps » et l’argent part dans des séances qui ne produisent rien.
La délégation
Une agence, un freelance ou un directeur marketing à temps partagé réalise les actions à votre place. Vous gagnez du temps, et vous profitez d’une compétence pointue sur un canal précis. Le revers, c’est que vous dépendez du prestataire pour savoir ce qui marche. Ce qui se délègue bien et ce qui se délègue mal est détaillé dans l’article sur le fait d’externaliser son marketing, et comment vérifier le profil d’un CMO externalisé si c’est cette piste qui vous intéresse.
Combien coûte un accompagnement marketing digital ?
Peu de prestataires affichent leurs prix, ce qui rend la comparaison difficile. Quelques repères publics permettent quand même de situer un devis.
Chez les indépendants, le prix se compte à la journée. Selon le baromètre des tarifs de Malt pour les consultants webmarketing, le tarif journalier va d’environ 300 € pour un profil débutant à plus de 600 € pour un consultant expérimenté. Une séance de conseil ponctuel se facture sur la même base, à la demi-journée ou à la journée. Un suivi régulier se chiffre donc en multipliant ce tarif par le nombre de jours prévus chaque mois, et c’est ce nombre de jours qu’il faut demander noir sur blanc.
Pour une délégation à un directeur marketing à temps partagé, les tarifs relevés dans notre article sur le CMO externalisé se situent entre 800 et 1 500 € HT par jour. Pour un spécialiste d’un seul canal, les écarts entre indépendant et agence sont détaillés dans l’article sur le choix d’un consultant SEO.
Le bon réflexe consiste à rapprocher ce montant de votre budget marketing annuel et de ce que le problème visé vous coûte aujourd’hui. Un accompagnement à 5 000 € qui récupère 3 clients par mois se rembourse vite. Le même montant dépensé sur un sujet secondaire reste une dépense.
Les accompagnements des CCI et des Régions
Les chambres de commerce et certaines Régions proposent aussi des accompagnements numériques pour les petites entreprises, souvent pris en charge en tout ou partie par des fonds publics. Le format habituel tient en quelques jours : un diagnostic, un plan d’actions, parfois un bilan quelques semaines plus tard. Les programmes changent d’une région et d’une année à l’autre, la CCI de votre département reste la seule source fiable sur ce qui existe chez vous.
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
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Ces dispositifs sont une bonne première marche quand le budget est serré, à condition de savoir que le plan obtenu reste à appliquer seul. Si personne ne vous suit ensuite, le risque est le même qu’avec un conseil ponctuel : un document juste, qui reste dans un tiroir.
Par où commence un bon accompagnement ?
Un accompagnement utile commence par vos chiffres, avant toute proposition d’action : combien de demandes arrivent chaque mois, d’où elles viennent, combien deviennent des clients, combien de clients reviennent acheter. Sans ce point de départ, chaque prestataire propose ce qu’il sait faire, et cela correspond rarement par hasard à ce dont vous avez besoin. Une agence de publicité proposera de la publicité, un webdesigner un nouveau site.
C’est la logique de l’accompagnement que je propose. Le diagnostic passe d’abord en revue chaque étape, de la façon dont les clients vous trouvent jusqu’au moment où ils reviennent acheter, pour repérer celle où vous en perdez le plus. Le plan d’actions vient ensuite, dans l’ordre de ce qui rapporte le plus chez vous, et le suivi vérifie mois après mois que le chiffre visé bouge vraiment.
Si le diagnostic montre que le problème relève d’un canal précis, comme le référencement ou la publicité, un spécialiste de ce canal sera souvent le bon interlocuteur pour l’exécution. L’intérêt est de le savoir avant d’engager le budget, et de pouvoir lui confier une mission précise avec un chiffre à faire bouger.
Quel format choisir selon votre situation ?
3 questions suffisent pour éliminer les formules qui ne vous conviennent pas.
Avez-vous quelques heures par semaine à consacrer au marketing ? Si oui, le conseil, la formation et le coaching sont accessibles, et ils vous laissent la compétence. Si non, seule la délégation tient la route, et il faudra garder au moins un chiffre à surveiller chaque mois pour ne pas perdre la main.
Savez-vous à quelle étape vous perdez des clients ? Entre le moment où quelqu’un vous découvre et celui où il vous paie, il y a plusieurs étapes : vous trouver, vous contacter, recevoir une réponse, accepter un devis, revenir acheter. Si vous savez que le problème vient de la visibilité, parce que vos concurrents apparaissent avant vous sur Google, un spécialiste du canal fera du bon travail. Si vous ne savez pas, commencer par une agence revient à parier sur un canal. Une entreprise qui vend sur devis peut recevoir assez de demandes et en perdre la moitié faute de relance : dans ce cas, plus de visibilité ne change presque rien au chiffre d’affaires. L’article pourquoi mon marketing ne rapporte pas montre comment repérer cette étape.
Voulez-vous que la compétence reste chez vous ? Une boutique ou un artisan qui compte garder la main sur sa fiche Google et ses publications a tout intérêt à se former. Une PME qui a besoin d’un résultat rapide sur un canal technique, comme la publicité Google, gagne souvent à déléguer cette partie précise.
| Votre situation | Formule la plus adaptée |
|---|---|
| Du temps, mais pas de priorités claires | Conseil ponctuel, puis exécution en interne |
| Du temps, une priorité connue, peu de savoir-faire | Formation ou coaching sur ce sujet précis |
| Peu de temps, une priorité connue | Délégation de cette partie, avec un chiffre suivi chaque mois |
| Peu de temps, pas de priorité claire | Diagnostic d’abord, avant toute délégation |
Ce que doit contenir une proposition d’accompagnement
Les modèles de proposition commerciale publiés par les éditeurs de logiciels de devis et par les plateformes e-commerce reprennent à peu près les mêmes rubriques : le problème du client, la solution, le calendrier, les indicateurs, le budget. Pour un accompagnement marketing, 8 rubriques permettent de comparer 2 propositions sérieusement.
- Le problème constaté, avec vos chiffres. La proposition décrit votre situation avec des données que vous avez fournies : nombre de demandes, de ventes, de clients perdus.
- Un objectif chiffré et daté. Un nombre précis à atteindre et une échéance. « Gagner en visibilité » ne se vérifie pas.
- Les actions et les livrables. Ce qui sera fait, mois par mois, et ce que vous aurez en main à la fin de chaque étape.
- Le calendrier et les points d’étape. Les dates auxquelles on mesure et on décide de continuer, d’ajuster ou d’arrêter.
- Ce qui est attendu de vous. Le temps que vous devrez y passer chaque semaine et les accès à fournir. Une proposition qui ne demande rien au dirigeant est suspecte, sauf en délégation complète.
- Le budget détaillé. Le nombre de jours ou d’heures, le prix unitaire et le total, sans forfait opaque.
- Les indicateurs suivis et l’accès aux données. Quels chiffres seront suivis, où ils seront stockés, et le fait que vous puissiez les consulter vous-même.
- Les conditions de sortie. La durée d’engagement, le préavis, et à qui appartiennent les comptes (publicité, site, statistiques) en fin de contrat.
Si vous lancez vous-même la consultation, le même découpage vous aide à rédiger votre demande. L’article sur le brief agence marketing détaille cette étape.
Exemple : la proposition reçue par une entreprise de rénovation
Imaginons une entreprise de rénovation de salles de bain de 6 salariés. Elle reçoit ses demandes par son site et sa fiche Google, et elle a l’impression d’en perdre beaucoup. Voici la proposition de suivi qu’un consultant indépendant pourrait lui remettre, rubrique par rubrique. Les montants sont des ordres de grandeur, à remplacer par vos propres devis.
| Rubrique | Contenu de la proposition |
|---|---|
| Problème constaté |
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| Objectif chiffré et daté | Passer de 9 à 12 chantiers signés par mois d’ici 6 mois, à nombre de demandes constant (environ 27 % des demandes) |
| Actions et livrables |
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| Calendrier et points d’étape |
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| Ce qui est attendu de vous |
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| Budget détaillé |
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| Indicateurs et accès aux données |
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| Conditions de sortie |
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Le calcul de rentabilité se fait sans difficulté. Avec un chantier moyen à 8 000 €, 3 chantiers de plus par mois représentent 24 000 € de chiffre d’affaires mensuel supplémentaire, face à 4 800 € HT d’accompagnement sur 6 mois. Une proposition qui permet ce calcul peut être comparée, chiffre contre chiffre, à n’importe quelle autre. Pour mesurer le point de départ correctement, l’article sur le taux de transformation des devis explique quoi compter, et celui sur la façon de relancer un devis sans réponse donne des exemples de messages.
Les signaux d’alerte avant de signer
Certains signaux reviennent souvent chez les prestataires qui déçoivent. Aucun n’est rédhibitoire seul, mais 2 ou 3 réunis méritent une vraie discussion avant de signer.
- Un résultat garanti. Une première position sur Google ou un nombre de clients promis à l’avance. Personne ne contrôle l’algorithme de Google ni la décision de vos prospects, un prestataire honnête s’engage sur des actions et sur la mesure.
- Aucune question sur vos ventes. Si le premier rendez-vous porte uniquement sur votre site et vos réseaux sociaux, sans demander combien de demandes vous recevez et combien deviennent des clients, la proposition sera construite sur des suppositions.
- Des comptes au nom du prestataire. Un compte publicitaire, un nom de domaine ou des statistiques ouverts à son nom vous rendent dépendant. À la fin du contrat, vous repartez de zéro.
- Un engagement long sans point d’étape. 12 mois fermes sans date de bilan intermédiaire, c’est 12 mois de facturation garantie quel que soit le résultat.
- Des rapports sans chiffres bruts. Des graphiques d’audience et de « portée » sans le nombre de demandes ni de ventes. Vous voyez de l’activité, sans voir son effet sur le chiffre d’affaires.
- La même offre pour tout le monde. Un forfait identique pour une boutique, un artisan et une PME industrielle signale une méthode appliquée sans regarder votre cas.
D’autres pièges, propres aux vendeurs de sites internet, sont décrits dans l’article sur le oneshot et les pièges des vendeurs de sites.
Comment savoir si l’accompagnement fonctionne
Choisissez un seul chiffre, lié au problème que l’accompagnement doit résoudre, et suivez-le vous-même chaque mois. Pour un problème de visibilité, ce sera le nombre de demandes reçues. Pour un problème de transformation, le nombre de clients signés sur ce même nombre de demandes. Pour un problème de rentabilité de la publicité, le coût d’acquisition client.
Le délai pour voir un effet dépend de l’action, et une proposition sérieuse l’annonce avant de commencer. Une relance de devis mieux organisée peut se lire dès le premier mois, une campagne publicitaire en quelques semaines, un travail de référencement naturel en plusieurs mois. Si le délai annoncé est dépassé sans aucun mouvement du chiffre suivi, parlez-en avec le prestataire avant de renouveler.
Questions fréquentes
Quelle différence entre accompagnement et externalisation du marketing ?
Dans un accompagnement au sens strict, vous faites et le professionnel vous guide. Dans une externalisation, le prestataire fait à votre place. Beaucoup d’agences utilisent le mot « accompagnement » pour les 2, d’où l’intérêt de demander qui réalisera concrètement chaque action.
Combien de temps dure un accompagnement marketing digital ?
Une séance de conseil dure une demi-journée à une journée. Un suivi régulier dure en général entre 3 et 12 mois. Un premier point d’étape à 3 mois permet de vérifier que le chiffre suivi bouge avant d’aller plus loin.
Par quoi commence un accompagnement marketing digital ?
Par un état des lieux chiffré : demandes reçues, origine de ces demandes, part qui devient client, clients qui reviennent. Les actions se décident ensuite, dans l’ordre de ce qui rapporte le plus, plutôt que dans l’ordre de ce que le prestataire sait vendre.
Faut-il un accompagnement si on travaille déjà avec une agence ?
Cela peut avoir du sens si vous ne savez pas juger le travail de l’agence. Un regard extérieur ponctuel aide à vérifier que ce qu’elle fait vise bien l’endroit où vous perdez des clients, et à lire ses rapports avec vos propres chiffres.
Se faire accompagner sur son marketing digital est souvent une bonne décision. Un regard extérieur évite des mois d’essais, une formation laisse une compétence durable, et une agence bien choisie fait mieux et plus vite qu’un dirigeant qui apprend sur le tas. Le site, la publicité, le référencement, la relance des devis, le suivi des clients existants : chacune de ces actions peut mériter un accompagnement.
La vraie question est ailleurs : laquelle passer en premier chez vous, maintenant ? Un accompagnement sur la publicité ne servira pas grand-chose si les demandes qu’elle apporte ne sont jamais rappelées, et un travail sur le site ne compensera pas un manque de visibilité. On ne le sait qu’en regardant vos chiffres, étape par étape, pour voir où vous perdez le plus de clients. C’est le travail du diagnostic marketing, à faire avant de choisir qui vous accompagnera et sur quoi.
A bientôt,
Nicolas Favier
