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Coût d’acquisition client : le calcul quand vous n’avez pas de CRM 

C’est quoi le coût d’acquisition client ?

Le coût d’acquisition client (CAC) mesure ce que vous dépensez, en moyenne, pour transformer un prospect en client payant sur une période donnée. Il s’obtient en divisant vos dépenses marketing et commerciales par le nombre de clients gagnés sur cette même période. Pas besoin de CRM : une addition et une division suffisent, à condition de savoir quoi compter dedans.

C’est là que la plupart des articles sur le sujet s’arrêtent trop vite. La formule tient en une ligne, mais son application dans une TPE ou une PME sans équipe marketing pose des questions que les guides généralistes ne traitent jamais. Que faire du temps que vous passez vous-même à prospecter ? Comment compter un client venu du bouche-à-oreille ? Faut-il vraiment se comparer à une moyenne sectorielle ? C’est ce qu’on va voir, avec un exemple chiffré à la fin.

La formule du CAC, dans sa version simple et sa version complète

Dans sa forme la plus courte, le calcul s’écrit ainsi : CAC = dépenses d’acquisition ÷ nombre de nouveaux clients sur la période. C’est la version qu’on trouve partout, et elle suffit pour un premier chiffre.

Elle devient plus juste si vous ajoutez ce que la plupart des dirigeants oublient d’y mettre : le temps commercial. Si vous passez 3 heures par semaine à répondre à des demandes de devis, ce temps a un coût, même s’il ne sort pas de votre compte en banque. Une entreprise qui salarie un commercial l’intègre naturellement dans son calcul de CAC. Un dirigeant qui fait le travail lui-même a tendance à l’oublier, ce qui fait paraître son acquisition moins chère qu’elle ne l’est réellement.

Pour l’estimer sans complexité, prenez votre taux horaire cible (ce que vous facturez, ou ce que vous coûteriez si vous étiez salarié sur ce poste) et multipliez-le par le temps passé sur des tâches d’acquisition : appels, devis, rendez-vous de prospection, réponses aux demandes entrantes. Ce montant s’ajoute à vos dépenses publicitaires et à vos abonnements d’outils avant la division.

Où trouver les dépenses à compter quand vous êtes seul aux commandes

Sans service marketing, les dépenses d’acquisition sont éparpillées entre plusieurs lignes de vos comptes. Voici où les chercher.

  • Vos factures publicitaires : Google Ads, Meta Ads, un encart dans un journal local, un flyer imprimé. Chaque facture porte une date, ce qui permet de la rattacher sans ambiguïté à une période.
  • Vos abonnements aux outils : un logiciel de page de capture, un outil d’emailing, un plugin SEO. Si l’outil sert aussi à d’autres usages que l’acquisition, ne comptez que la part qui s’y rapporte réellement.
  • Les commissions ou frais d’apporteur d’affaires, quand un partenaire ou un plateforme vous amène des clients contre rémunération.
  • Votre temps, valorisé comme expliqué plus haut, dès qu’il dépasse 1 à 2 heures par semaine.

Ce que vous n’incluez pas : les frais qui font tourner l’entreprise sans viser directement un nouveau client. Le loyer de votre atelier, votre comptable, le service que vous rendez à un client déjà acquis. La fidélisation d’un client existant répond à une autre logique et se mesure avec d’autres chiffres.

Compter les nouveaux clients sans logiciel de suivi

L’autre moitié du calcul pose moins de problème qu’on ne le croit. La plupart des indépendants et petites structures savent, sans CRM, combien de nouveaux clients ils ont signés sur un mois ou un trimestre : c’est ce qui est dans le carnet de commandes, les devis acceptés, les factures émises à un nom qui n’était pas client avant.

Un tableur suffit largement pour cette étape. Une colonne date, une colonne nom du client, une colonne oui ou non pour indiquer s’il s’agit d’un premier achat. Le point de vigilance, c’est de ne pas mélanger nouveaux clients et clients qui reviennent : un client fidèle qui repasse commande fait bien votre chiffre d’affaires, mais il ne compte pas dans le dénominateur de votre CAC.

Le cas qui pose vraiment question, c’est le bouche-à-oreille et les recommandations. Un client qui arrive parce qu’un autre l’a envoyé n’a rien coûté en publicité, mais il n’est pas gratuit pour autant : il est le fruit du travail que vous avez fait pour satisfaire le client précédent. Pour un calcul global, comptez-le dans le nombre de nouveaux clients, sans lui affecter de dépense propre. Cela fait mécaniquement baisser votre CAC moyen, ce qui est normal : une entreprise qui génère beaucoup de recommandations a un vrai avantage économique, et le chiffre doit le refléter.

Un exemple chiffré, sur un mois d’activité

Imaginons une entreprise de rénovation de salles de bains, 2 personnes, sans service marketing. Sur le mois de septembre, le dirigeant a dépensé 400 € en publicité Google Ads locale, 60 € pour un abonnement à un outil de génération de devis en ligne, et passé environ 8 heures à répondre aux demandes entrantes et faire des rendez-vous chiffrés. Son taux horaire de référence est de 45 €.

Le calcul se fait en 2 temps. D’abord, additionner les coûts directs et le temps valorisé : 400 + 60 + (8 × 45) = 820 €. Sur ce même mois, l’entreprise a signé 5 nouveaux chantiers, dont 2 issus d’une recommandation d’un ancien client.

Le CAC ressort à 820 ÷ 5 = 164 € par nouveau client. Ce chiffre seul ne veut encore rien dire : il ne prend son sens qu’une fois comparé à ce que rapporte un chantier moyen. Si un chantier de salle de bains génère 2 500 € de marge, un coût d’acquisition de 164 € est confortable. Si la marge tombe à 300 € parce que le devis a été cassé pour emporter le marché, le même CAC devient problématique.

Que faire de ce chiffre une fois calculé

Le CAC seul n’a pas grand sens. Il prend de la valeur quand on le met en relation avec ce qu’un client rapporte réellement, sur l’ensemble de la relation et pas seulement sur la première vente. C’est la valeur vie client, et le rapport entre ces 2 chiffres donne une idée bien plus honnête de la rentabilité de votre acquisition qu’un CAC isolé.

Résistez à la tentation de chercher un coût d’acquisition moyen par secteur pour savoir si le vôtre est bon ou mauvais. Ces moyennes existent en ligne, mais elles agrègent des entreprises aux marges, aux paniers moyens et aux cycles de vente radicalement différents du vôtre. Le seul repère qui compte vraiment est interne : votre CAC comparé à votre propre marge, suivi mois après mois pour voir s’il monte ou descend. Un tableau de bord marketing simple, tenu à jour chaque mois, suffit pour ça.

Suivre ce chiffre dans la durée sert aussi à comparer vos canaux d’acquisition entre eux. Si la publicité en ligne coûte 200 € par client et que le bouche-à-oreille en coûte 40, la conclusion n’est pas d’arrêter la publicité, c’est de se demander pourquoi vos clients satisfaits ne vous recommandent pas davantage, et si quelque chose peut encourager ce mouvement.

Les limites du CAC pour une petite structure

Le CAC a un défaut qu’il faut connaître avant de s’y fier aveuglément : il traite chaque euro dépensé sur la période comme s’il produisait un client sur cette même période, alors qu’un contenu, une campagne ou un site web continuent souvent à ramener des clients longtemps après avoir été payés. Une entreprise qui vient de publier un article de blog qui commence à bien se positionner verra son CAC artificiellement élevé le mois de la publication, puis artificiellement bas dans les mois suivants.

Le second défaut, propre aux petites structures, tient à l’imprécision du temps valorisé. Estimer 8 heures de prospection à 45 € de l’heure donne un ordre de grandeur utile, pas un chiffre comptable exact. Cela reste largement suffisant pour repérer une tendance ou comparer 2 mois entre eux, mais ce n’est pas un chiffre à présenter à un banquier comme une donnée précise.

Questions fréquentes

Peut-on calculer le CAC sans outil de suivi ?

Oui. Un tableur qui liste vos dépenses d’acquisition d’un côté et vos nouveaux clients de l’autre suffit pour la grande majorité des indépendants et TPE. Le CRM devient utile quand le volume de clients rend le suivi manuel trop long, pas avant.

Faut-il compter son propre temps dans le calcul ?

Oui, dès qu’il dépasse 1 à 2 heures par semaine consacrées à la prospection ou aux devis. Ne pas le compter revient à croire que votre acquisition coûte moins cher qu’elle ne coûte réellement.

Quel est un bon coût d’acquisition client ?

Il n’existe pas de bon chiffre dans l’absolu. La question à se poser est plutôt : ce CAC laisse-t-il une marge suffisante une fois comparé à ce que rapporte le client sur toute la relation ? Un CAC élevé peut très bien être rentable si la valeur du client l’est aussi.

Comment le CAC est-il lié à la valeur vie client ?

Le CAC dit ce que coûte un client à l’entrée. La valeur vie client dit ce qu’il rapporte sur la durée. Un modèle économique sain a une valeur vie client nettement supérieure à son coût d’acquisition, sans quoi chaque nouveau client coûte plus cher qu’il ne rapporte.

Le coût d’acquisition, une pièce du parcours client

Calculer son CAC répond à une question précise : qu’est-ce que ça vous coûte de faire venir un client. Ce n’est qu’une pièce du parcours qui va de la première recherche Google jusqu’au réachat, en passant par la conversion et la fidélisation. Un système marketing regarde l’ensemble de ce parcours, pas seulement le coût d’entrée.

Est-ce que le calcul du CAC est la première chose à faire chez vous, maintenant ? Ça dépend d’où votre chiffre d’affaires fuit réellement : peut-être que l’acquisition coûte cher parce que trop peu de clients reviennent, ou parce que les devis signés ne se transforment jamais en chantier. C’est justement ce que regarde le diagnostic, remboursé s’il n’y a rien à récupérer.

A bientôt,

Nicolas Favier

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